Patchwork

Une petite histoire illustrée du patchwork

Le patchwork est un art textile mondial qui s’est développé dans chaque pays à des degrés divers entre la fin du 16e et le 19e siècle en même temps que se « démocratisait » puis s’industrialisait le tissage d’étoffes en coton sur leur territoire. Cette forme d’expression, d’abord utilisée pour réaliser des objets usuels ou décoratifs dans le cadre familial ou … religieux, a très vite été élevée au rang d’art. Le principe du patchwork est l’utilisation de chutes de tissus « nobles » et de récupération de déchets textiles (parties non endommagées de vieux vêtements, de draps, de tissus défectueux des usines, de tissus de démonstration …). C’était d’abord un geste d’économie domestique à des époques où le prix de la matière première ne mettait pas la pièce de tissu manufacturée accessible à tous. La grande solidité des réalisations en patchwork tient principalement dans les techniques d’assemblage et de matelassage sur plusieurs couches de matières : le décor sur une mousse intermédiaire molletonnée et un tissu de fond pour maintenir l’ensemble. L’assemblage est effectué à la main ou à la machine à coudre.

Ruth McDowell – artiste américaine : les poules

Aujourd’hui il existe un marché de l’art textile très structuré où le patchwork tient une place de choix. De grands artistes, hommes ou femmes, voient leurs oeuvres exposées à travers le monde dans des salons très courus comme celui de Monceaux les Mines en Lorraine pour la France. Certains ouvrages atteignent des sommes faramineuses dignes des plus grands créateurs de l’art pictural. Chaque jour des spécialistes sont sollicités à travers le monde pour expertiser des patchworks anciens ou modernes. Chez « Christie’s », la très célèbre salle des ventes (mondiale) d’oeuvres d’art basée à Londres a cédé en 2008 un patchwork de Ruth McDowell (artiste américaine de l’Oklahoma contemporaine) (ouvrage « les poules » ci-dessus) à plus de 60.000 dollars ! … pour ne citer qu’el

Patchwork est un mot anglais générique adopté par la quasi-totalité des pays au début du 20e siècle. Il se traduit littéralement par patch : « pièce » et « work » : travail ; le travail des pièces. Cette expression permet toutes les interprétations. Les Japonais parlent de sashiko, les Africains de cordes, les chinois d’assemblage, les tahitiens de tifaiafai, … On appelle les « faiseurs » de patchwork des quilteurs et des quilteuses, mot issu de l’anglais « quilt » qui se traduit par « piquer ». Mais il serait incongru en France, dans un souci de protection de notre belle langue, d’appeler les faiseurs d’assemblage de pièces de tissus des … piqué(e)s !!!!! Un grand débat – à mon avis stérile – existe aujourd’hui de savoir si l’ouvrage en patchwork doit être réalisé intégralement à la main ou s’il est possible d’utiliser la machine à coudre. Les « intégristes » les plus acharnés affirment que tout ce qui est approché même de loin par la machine à coudre n’est plus du patchwork, d’autres plus sages savent utiliser les techniques modernes à bon escient sans dénaturer cet art. Chaque pays possède sa tradition et ses techniques. Le patchwork dit « traditionnel américain » (19e siècle) est le plus connu des quilteuses occidentales et le favori de la majorité des ateliers associatifs d’Europe

Il nous a été transmis par les Etats-Unis après la seconde guerre mondiale avec le coca, les cigarettes blondes et le chewing-gum à travers les G.I. américains envoyés pour nous aider, et qui transportaient avec eux des couvertures et des objets fabriqués par leur maman ou des marraines de guerre, réalisés souvent avec dextérité et confectionnés dans un souci d’économie en période de restriction.

Le patchwork traditionnel américain est basé sur l’association de formes géométriques établies et référencées (il en existe 320 aujourd’hui appelées « block »), déposée au même titre que des brevets : le « jeu de cartes », les « marches du palais », le « jardin de grand-mère » (cf. photo avec des formes hexagonales) ou les « cubes » (ci-dessus) pour ne cités qu’eux !Chaque année de nouveaux blocks voient le jour sous les mains de créateurs qui s’amusent de cette géométrie. Sous leurs aiguilles, apparaissent des chiens, des chats, des oiseaux, des arbres, des abécédaires … cubiques avec plus ou moins de bonheur. Au centre de cette tradition géométrique le « log cabin » tient une place à part.

          

Cette tradition est un héritage des bûcherons canadiens du grand nord qui vivaient plusieurs mois par an loin de leur foyer dans des conditions rudes, Pendant la saison hivernale lorsqu’il était impossible de travailler et se déplacer pour cause de fort enneigement, les hommes réalisaient des vêtements et objets avec des morceaux de tissus de récupération qu’ils stockaient dans leurs baraquements … en bois, bien sûr !

          

Le terme signifie « cabane en rondins ». La tradition du patchwork traditionnel américain veut que le centre du dessin soit rouge pour rappeler l’âtre au centre de la cabane avec le feu de cheminée et les rondins autour pour symboliser les murs. La moitié de chaque bloc sera réalisée avec des teintes claires, l’autre moitié avec des teintes foncées. L’assemblage des différents blocs réalisés formera des ouvrages très différents les uns des autres.

La technique « tradition américaine » s’est elle-même inspirée des traditions de la tribu des indiens « séminoles » (antérieures à l’arrivée des colons sur le territoire américain) – difficile à dater précisément, entre 18e et 19e siècle – Ils s’habillaient principalement de fourrures et décoraient leurs vêtements avec des bandes cousues et tressées réalisées avec du cuir coloré avec les plantes de la Géorgie et de la Pennsylvanie. Lors d’un déplacement vers la Floride en 1830 pour signer un traité de paix, ils découvrent le tissu de coton industriel et l’intégrèrent à leurs coutumes vestimentaires. À partir de cette époque, une fois l’an, les Séminoles remontaient le fleuve jusqu’à Miami et faisaient commerce de leur production. Ils échangeaient des peaux d’alligator ou des plumes de héron très à la mode chez les bourgeoises américaines contre des rouleaux de tissus de coton qu’ils teintaient sur leur territoire comme ils l’avaient fait avec le cuir

Son particularisme ; réaliser à partir de bandes de tissus cousues parallèlement « à plat » puis coupées en transversal à divers degrés puis recousues, puis coupées encore et recousues … parfois 7 ou huit fois, jusqu’à obtenir un assemblage savant « séquentiel » du plus bel effet. Quatre éléments prépondérants caractérisent le patchwork Séminole : les couleurs contrastantes, la texture des bandes réalisées, le mouvement produit par les assemblages et le modèle qui revêt une signification particulière familiale, historique ou religieuse. Chaque décor écrit une « phrase » de l’épopée Séminole. Chaque famille adopte un type de « séquences séminole » comme une signature.

La tribu Séminole et ses traditions existent toujours. Ci-dessus des enfants en costume traditionnel en 2003. Elle fait toujours commerce de son art. Ci-dessous un exemple très simple de construction d’un décor du patchwork séminole :

                   

Les communautés religieuses Amish, immigrants d’Irlande et d’Allemagne, installés en Pennsylvanie aux Etats-Unis au 18e siècle, ont développé une technique du patchwork inspirée des Séminoles, leurs voisins, spécifique à leur mode de vie dont d’autres colons installés plus tard sur le territoire se sont, à leur tour, largement inspirés.

Cet art sobre transmet un message d’ordre, de structure et de méthode, principes de vie des Amish. Les règles : tous les tissus sont unis, les formes géométriques simples : carré, triangle, rectangle, losange. Les courbes sont réservées au matelassage uniquement. L’art d’être modeste et de servir leur foi. Les motifs obtenus colorés contrastant en cela de leur tradition vestimentaire de couleur « neutre » et unie

C’est de cette « obligation » vestimentaire qu’est directement issu leur patchwork. Les communautés Amish mettant tous leurs biens en commun, il est naturel de trouver toutes les couleurs disponibles dans les chutes de tissu de l’ensemble des familles, et les réalisations étant aussi collectives … CQFD dirait un spectateur novice. Une autre spécificité du patchwork Amish est l’obligation de l’assemblage et le matelassage manuel de l’ouvrage car leurs règles de vie interdit la mécanisation et l’électricité. En Inde, des tableaux extraordinaires étaient offerts aux temples en Ex Voto depuis la fin du 17e siècle. Ils étaient réalisés par les populations de basse caste à partir de déchets de tissus de soie, de cotons de haute gamme et des résidus de fils d’or et d’argent récupérés dans les poubelles des fabriques de la caste des nantis. C’est encore le cas aujourd’hui même s’il est vrai que des artistes indous ont su se singulariser et accéder à d’autres matières que leurs ancêtres. La

La technique est celle du « piécé », c’est-à-dire un assemblage de pièces de tissus toutes différentes conçues à partir d’un patron comme un puzzle. Ce sont des tableaux généralement assemblés à la main et matelassés à la machine à coudre. De plus en plus de quilteur(euse)s dans le monde adoptent cette technique du piécé offrant de grandes possibilités créatives. Ruth McDowell citée plus haut en est une et sa compétence l’a placée parmi les plus grandes artistes du 20e siècle. Au Pakistan, qui a une grande tradition de la broderie réalisée par les hommes (le styliste de la maison Cardin en France fait même réaliser la majorité de ses travaux de broderie dans ce pays) sont réalisés depuis le 18e siècle des tapis de prière avec des chutes de tissus brodés par les ateliers masculins. Les  chutes de tissus brodés de toutes qualités sont montées avec une technique très particulière. On assemble d’abord les pièces comme pour le « piécé » puis on sépare visuellement les morceaux en fixant à gros points des cordons de gros fils. Ce sont ces fixations qui permettent de solidifier l’ensemble sur une base de gros drap.

Le résultat est spectaculaire et chatoyant car des perles, des sequins, des petits morceaux de miroirs sont incrustés dans les broderies De nombreux pays d’Afrique du Nord, d’Asie et d’Orient utilisent cette technique ; et l’on peut retrouver ce type de réalisations sur tous les étals des marchés et des souks depuis le 19e siècle mais aussi dans les musées.

En Afrique noire, la technique du « patchwork en cordes » permet de réaliser des tentures lumineuses depuis la fin du 19e siècle.

Toute la philosophie africaine se retrouve dans cette technique qui s’approprie dans une joyeuse « pagaille » ; des bandes de tissus aux formes disparates mêlant une infinie variété d’imprimés dans une structure d’impression « brouillonne » ; ce n’est qu’une impression ! Il ne faut pas s’y tromper, cette impression de facilité est en fait un assemblage complexe et mûrement réfléchi pour obtenir de grandes tentures souples et parfaitement « plates ». Le sashiko est un art textile japonais de la fin du 17e siècle associant les techniques simples d’assemblage de tissus du patchwork et un art très confirmé du matelassage entre le piqué traditionnel et la broderie.

Les tissus sont choisis dans la gamme colorée des blancs au « gris teintés » au noir. Les assemblages sont basiques et en géométrie contrariée. L’importance du travail repose sur les broderies en points « pointillés » qui non seulement servent de matelassage de tenue des trois épaisseurs mais aussi pour marquer le patchwork d’un graphisme original. Cette technique était à l’origine appliquée sur des parties de vêtements usées pour renforcer leur tenue et prolonger ainsi leur vie en multipliant les épaisseurs. Le point de base est un point avant, à raison de 2 à 3 points au cm. Les fils sashiko sont particuliers, Très épais et torsadés très serrés, ils sont unis ou multicolores. Les motifs, eux, sont très variés : losanges, vagues, entrelacs de cercles, éventails, fleurs stylisées … Ils reprennent les graphistes du dessin traditionnel japonais à l’encre de chine. Parfois même il n’y a pas d’assemblage de tissus différents dans le travail, juste un « patchwork » de points « pointillés » sur un tissu de coton ou de soie. La tradition veut que soit utilisé « l’indigo », un coton teint bleu foncé, teinture extraite d’une plante du même nom. Au 18e siècle, les Japonais s’étaient aperçus que le fait de teindre le coton à l’indigo donnait de la solidité et servait d’anti-mites. Aujourd’hui un tissu à tissage serré convient très bien, ce qui permet de varier les couleurs.

Le « charm quilt » ou patchwork impressionniste anglais Cette technique est une extrapolation « toute européenne » d’un block du patchwork traditionnel américain appelé NINE, c’est-à-dire 9 carreaux de tissus assemblés et répétés autant de fois que nécessaire.

Le choix des tissus est très spécifique : que des imprimés fleuris, petites, grosses fleurs, à foison, dispersées … Que des fleurs ! ensuite en jouant sur les  décors, les couleurs et dimensions des fleurs, le patchwork « romantique » reproduit des jardins, des falaises, d’extraordinaires paysages rappelant la campagne anglaise. Des tableaux d’exception dont une des grandes créatrices est gai Perry, une anglaise bien sûr

L’appliqué ou patchwork fantaisie américain est une technique réservée aux quilts « solennels » très prisée au 19e siècle. Il était de tradition d’utiliser l’appliqué pour des quilts du « dimanche » et les grandes occasions. Les jeunes épousées intégraient des quilts en appliqué à leur trousseau de mariage pour épater la famille du futur marié et démontrer leur agilité à l’aiguille et aux ciseaux. La technique consiste à découper des formes et les appliquer à petits points sur un tissu uni. Le matelassage, essentiel sur ce genre de travaux, donne tout le volume nécessaire pour qualifier l’ouvrage.

Très spectaculaire, cette technique est en fait d’une grande simplicité et contrairement au patchwork d’assemblage, tolère de nombreuses erreurs faciles à rattraper.

La technique du « celtique » est une extrapolation de l’appliqué

C’est une technique issue des motifs traditionnels du peuple celte, symboles de l’équilibre et de l’éternité. Ces patchworks sont réalisés en appliquant des tissus et des biais sur un fond uni.

Le tifaiafai est une technique d’appliqué venue de Polynésie. Tifaiafai signifie raccommoder. Au 19e siècle les femmes des missionnaires enseignèrent la technique du patchwork en appliqué aux tahitiennes qui l’adaptèrent à leur mode de vie et leurs habitudes vestimentaires. Leurs choix de décors étaient la végétation luxuriante de leurs îles et la faune et la flore marine. Les décors rappellent les tatouages traditionnels des tahitiens.

Il s’agit en général de grands ouvrages servant de décor mural ou de plaids. Ces patchworks s’invitèrent dans les cérémonies de mariage puisqu’il était de tradition d’envelopper les jeunes mariés dans des pièces de tissus chatoyantes en signe de protection divine.

                  

Il existe deux types de tifaiafai :  le pa’oti (couper en tahitien) est un patchwork appliqué qui est le style le plus répandu et le pû (travail en commun) qui est un piécé formé de morceaux de même taille qui donne un rendu assez géométrique Le boutis assimilé à tort au monde du patchwork est un art du 16e siècle hérité de la basse Occitanie. C’est un patrimoine typiquement provençal et languedocien. Il s’agit de dessins formés par des coutures serrées rassemblant deux épaisseurs de tissus en baptiste, au creux desquels on bourre des mèches de coton brossé pour gonfler certains motifs et créer des reliefs.

On confond généralement le Boutis avec une technique plus récente et moins contraignante appelée piqué marseillais qui consiste à matelasser deux épaisseurs de tissu uni généralement blanc au centre desquelles est une épaisse couche de mousse. Le matelassage, incluant des décors complexes, figuratifs ou non, forme des renflements qui imitent grossièrement le boutis ; ce qui n’empêche pas de remarquables ouvrages. Dans les deux techniques d’ouvrages, le devant et le dos sont aussi beaux.

 

Il est facile de différencier un boutis d’un piqué, il suffit de regarder le travail en transparence à contrejour. La lumière traversera le boutis le long des lignes de couture, ce qui ne sera pas le cas du piqué. Les Anglais importèrent cette technique de France au 18e siècle et l’appliquèrent à des tissus fleuris ; puis l’emmenèrent ensuite jusqu’au Etats-Unis en immigrant. Au 19e siècle, la technique bien maîtrisée du piqué permit une mode aux riches Américaines qui arboraient des plastrons, des vestes courtes finement décorés au piqué. C’est aujourd’hui une technique très prisée sur les linges de maison. Le trapunto est une technique italienne intermédiaire aux deux méthodes boutis et piqué. Le décor de base est généralement piqué à la machine à coudre bien que quelques irréductibles travaillent encore à la main. Ensuite les parties fermées choisies dans ce décor (c’est-à-dire intégralement entourées d’une couture comme pour le boutis) sont bourrées de mèches de coton tournées. Le dos du trapunto est une toile à beurre car son tissage très lâche permet un bourrage simplifié. En l’état il n’offre aucun intérêt visuel et doit être doublé pour finaliser l’ouvrage.

Pour l’endroit, on utilise toute sorte de tissu de coton uni et toute sorte de fil. C’est au bon vouloir de la coutière et en fonction de ce dont elle dispose.

          

Le seul instrument unique et indispensable pour réaliser un ouvrage en trapunto est un poinçon qui permet de bourrer le coton dans les interstices et refermer les trous pratiqués dans la toile au beurre pour ce faire.

                  

Le Meshwork est une technique qui nous vient d’Asie. Il s’agit d’un tressage de tissu qui forme un ensemble visuel proche du patchwork par l’association des couleurs et des tissus. Le choix des tissus est large, le principe étant d’utiliser les mêmes épaisseurs de tissage et même densité pour un même ouvrage. Il est cependant difficile de travailler des tissus trop épais.

On coupe des bandes de tissus en déterminant une largeur qui est fonction de l’effet à obtenir. La technique du mesh (mèches-bandes) work (travail) prend tout son art dans le choix des imprimés. Les forts contrastes dans les coloris sont à privilégier. On constitue sa table de travail sur une surface souple, genre coussin ou planche de polystyrène recouverte d’ouatine, puis on pique une première « planche » de bandes parallèles et serrées à travers lesquelles on enfilera d’autres bandes pour réaliser un décor tressé. Les croisés seront ensuite renforcés avec un point de broderie ou bien l’ensemble sera tenu par des points invisibles

La technique est simple et le résultat spectaculaire. Le crasy (qui veut dire « fou » en anglais) est une création typiquement américaine de la fin du 19e siècle qui connu sa pleine explosion dans les années 20. Probablement émergée de la culture populaire et des comportements économes des couches les plus pauvres enclins à ne rien jeter et réutiliser toute matière dans des ouvrages plus décoratifs qu’utilitaires, cette technique consiste à utiliser tout ce qui peut s’assembler à l’aide d’une aiguille à coudre !

Ce patchwork se para de matières très diverses : dentelles, chutes de soies, perles, boutons et fils de broderies et aussi morceaux de robes de mariées, de voiles, de rubans. Ces ouvrages s’habillèrent de morceaux de souvenirs d’une vie et incluaient des éléments marquants de grands évènements de la vie de famille.

Souvent de qualité discutable, ces « crasy » n’en sont pas moins la marque d’une époque où une certaine frivolité côtoyait une période de l’histoire grave. Aujourd’hui cet art brut (libre des critères de l’art officiel) a ses adeptes et son originalité. Le scrapbooking actuellement très à la mode pour mettre nos photos en valeur en est un héritier direct. Ces techniques sont regroupées sous un terme générique l’art textile. Mais les effets de mode aidant, sous le terme « art textile » s’est développé une technique à part entière qui réclame beaucoup d’inventivité. Le résultat est des tableaux. Le but est de favoriser les contrastes de couleurs et de matières. Les tissus se superposent, se nouent, se déchirent, s’assemblent sans qu’une technique de couture ne soit privilégiée.

             

L’art textile emprunte à toutes les méthodes du patchwork et en ajoute d’autres comme le collage ou la soudure car il est de « bon ton » d’inclure des matières « anachroniques » tel le bois, le papier, les métaux, la peinture, la broderie … aucune restriction ! . L’important est le résultat dans un jeu d’ombre et de lumière dû principalement au choix des matières

Certains tableaux sont de véritables prouesses techniques, de vraies oeuvres d’art et dignes d’être accrochées au musée. La technique de la chenille La méthode de la chenille est réalisée en superposant 4 ou 5 coupons de tissus que l’on coud à la machine à coudre dans le biais. Puis on coupe les épaisseurs supérieures entre les piqûres parallèles en ne gardant qu’un tissu de fond entier pour maintenir l’ensemble du travail.

Les coutures peuvent être droites ou courbes selon l’effet souhaité. Il suffit de laisser un demi centimètre entre chacune des coutures . Les tissus s’effilochent au premier lavage pour donner l’apparence de chenille. Ces pièces peuvent devenir des vêtements, des décors pour d’autres ouvrages, s’inclure dans des tableaux « crasy » ou « art textile ».

Une technique d’une simplicité déconcertante mais au résultat étonnant. Le patchwork yoyos est une technique bien particulière. On assimile les yoyos au monde du patchwork parce qu’ils sont faits de morceaux de tissus récupérés.

           

Les yoyos sont souvent utilisés comme décoration en appliqué. Mais on peut très bien les coudre ensemble pour former des dessus de lit, des vestes, des chemins de table... Il suffit de découper des cercles dans divers tissus de même épaisseur, puis de rabattre le bord sur l’envers du tissu à 5 mm du bord. Tout en cachant le noeud de départ on coud le contour avec un petit point avant au fil à quilter car il est solide et supporte bien les tensions. Enfin on tire doucement le fil de façon à froncer le yoyo. On laisse au centre un petit un trou et l’on termine le yoyo par quelques points arrière.

Pour l’assemblage des yoyos, il faut placer les deux trous l’un contre l’autre et faire des points de surjet sur un bord. Pour les appliquer sur un support, il est préférable de le faire avec un point de feston. On peut cacher les trous des yoyos qui ne sont toujours élégants avec de jolis boutons ou des perles. Il existe encore d’autres techniques développées depuis l’élaboration des premiers patchworks et qui vont et viennent au gré des modes. Elles sont toutes issues des bases présentées plus haut.

Par exemple une extrapolation du patchwork de tradition où il s’agit de tendre sur du carton mousse des bandes ou des rubans de tissus de toutes sortes. Ici pas de coutures, pas d’aiguilles, on insère les bords de la pièce de tissu dans des fentes ouvertes dans le carton mousse et l’on fixe à la colle. Les finitions et les détails sont des coloriages

La pression commerciale, inhérente à la culture américaine, pousse des inventeurs à concevoir des matériaux et outils vendus ensuite comme indispensables à l’art du patchwork. Et lorsque aujourd’hui on ouvre un catalogue, on a parfois le sentiment que notre connaissance n’est qu’ignorance. Il est alors temps de se rappeler une maxime née du bon sens populaire : il n’y a pas de mauvais outils, il n’y a que des mauvais artisans

Responsable: Sophie GOILLOT

05 46 59 18 68

Le 1er mardi du mois

de: 14 h à 18 h

Lieu: Salle des d’activités

 

 

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